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Aux Glaires de l'Hiver (sonnet du rhube et du mouchoir de poche)

#1



Aux Glaires de l’Hiver

(sonnet du rhube et du mouchoir de poche)

Aux glaires de l’hiver je dédie ce mouchoir
Dont les plis si sévères deviendront le mouroir
Quand d’un coup de trompette à mon nez écarlate
S’essuiera la tempête que je plierai en quatre.

Mes belles initiales brodées en points serrés
Périront dans l’étale, soudaine éternuée,
Où mes yeux embués de cet éclat subit
Poseront, étonnés, un vain regard rougis.

La lèvre supérieure tendue comme un surplomb
Par dessus l’inférieure, mon air sera profond :
Je lèverai le chef et je reniflerai.

Je glisserai l’étoffe dans la soie de mes poches
Et l’archer qui décoche ses traits d’amour féroces
M’épargnera ses flèches : je le remercierai.

Aubépin des Ardrets
 
Dernière édition:

Vega46

Maître Poète
#3
Les glaires n’ont jamais eu un tel honneur !. Elles en deviennent presque appétissantes...
L’art est au fond de votre poche....je n’ai pas écrit mots l’art...mais l’art des mots vous appartient !...
Amicalement
Maurice Marcouly
 
#5
Les glaires n’ont jamais eu un tel honneur !. Elles en deviennent presque appétissantes...
L’art est au fond de votre poche....je n’ai pas écrit mots l’art...mais l’art des mots vous appartient !...
Amicalement
Maurice Marcouly
Les glaires de lucidité font parfois le bonheur d'un petit sonnet, je m'y suis laissé aller sans résister. Quant aux mots l'art, je laisse à Léo Ferré son remarquable Crachat :

Le Crachat

Glaireux à souhait avec des fils dans l'amidon
Se demandant s'il tombera du mur ou non
Le crachat au soleil s'étire

Son œil vitreux de borgne où la haine croupit
Brillant d'un jaune vert pâlot et mal nourri
Sous la canicule chavire

D'où viens-tu pèlerin gélatineux et froid
De quelle gorge obscure as-tu quitté l'emploi
Pour te marier à cette pierre

D'un gosier mal vissé ou d'un nez pituiteux
D'un palais distingué d'un poumon besogneux
Ou d'une langue de vipère

Avant que de finir au plat sur ce granit
Étais-tu préposé au catarrhe au prurit
Ou bien à résoudre une quinte

Es-tu le doute du rêveur l'orgueil du fat
La solution d'un douloureux échec et mat
Ou l'exutoire du farniente

Agacé par l'insecte au ventre crevant d'œufs
Décoloré, suintant, le crachat comateux
Sur le trottoir enfin débonde

Tandis qu'agonisant sous des pieds indistincts
À l'aise enfin chez lui il me dit l'air hautain
" Je suis la conscience du monde "