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#1
Adolescence

J’ai aimé la violence, les am-bi-ances glauques,
Les lumières électriques et les sons synthétiques
Quand, dans les performances*, des cochons aux cris rauques,
Poursuivaient des artistes aux démarch’s éthyliques.


Sous les flashs des strombos qui découpaient nos vies
Pendant que la sono lâchait les bétonneuses,
Les clichés sépulcraux de toutes mes envies
Me brûlaient le cerveau en idées griffonneuses.


Quand hurlaient des sirènes en rage sur la piste,
Le bruit des tronçonneuses et l’odeur de l’essence
Achevaient sur la scène les derniers optimistes
En transes allumeuses de mon adolescence.


La vie était ici, les paradis lointains,
Et l’enfer un vain mot puisque dieu était mort.
Les atomes fissi-bles, les amours éteints,
Le froid des chalumeaux étaient mes oxymores.


Aux pigeons écrasés que les corbeaux dépècent,
À ces roses flamants dont les ailes s’arrachent,
Et aux crachats rosés qu’éructe la détresse,
Aux cris des goélands quand certains font naufrage,


J’opposais ma jeunesse en vibrant talisman.
Tout pouvait arriver et rien ne se produire :
La marche de l’ivresse est un grand caïman
Cloué comme une fée sur une broche à cuir.


Les regards et les mots portaient des masques peints,
Et des arêtes rondes griffaient mes aventures ;
Détranges cachalots devançaient le destin
Et plongeaient aux eaux sombres leurs dernières sutures.


Au fond des lavabos que rougissait le sang
S’évadaient les chimères de rêves que j’aimais :
L’enfance et ses bobos avaient ce goût d’encens
Qu’allumait cette mère qui n’en revint jamais.


Aubépin des Ardrets
__________
* au sens artistique (cf., p. ex., l'article de Wikipédia)
 
Dernière édition:

Margho

Maître Poète
#2
Adolescence

J’ai aimé la violence et les ambiances glauques,
Les lumières électriques et les sons synthétiques
Quand, dans les performances*, des cochons aux cris rauques,
Poursuivaient des artistes aux démarch’s éthyliques.


Sous les flashs des strombos qui découpaient nos vies
Pendant que la sono lâchait les bétonneuses,
Les clichés sépulcraux de toutes mes envies
Ont brûlé mon cerveau en idées griffonneuses.


Quand hurlaient des sirènes en rage sur la piste,
Le bruit des tronçonneuses et l’odeur de l’essence
Achevaient sur la scène les derniers optimistes
En transes allumeuses de mon adolescence.


La vie était ici, les paradis lointains,
Et l’enfer un vain mot puisque dieu était mort.
Les atomes fissi-bles, les amours éteints,
Le froid des chalumeaux étaient mes oxymores.


Aux pigeons écrasés que les corbeaux dépècent,
À ces roses flamants dont les ailes s’arrachent,
Et aux crachats rosés qu’éructe la détresse,
Aux cris des goélands quand certains font naufrage,


J’opposais ma jeunesse en vibrant talisman.
Tout pouvait arriver et rien ne se produire :
La marche de l’ivresse est un grand caïman
Cloué comme une fée sur une broche à cuir.


Les regards et les mots portaient des masques peints,
Et des arêtes rondes griffaient mes aventures ;
Détranges cachalots devançaient le destin
Et plongeaient aux eaux sombres leurs dernières sutures.


Au fond des lavabos que rougissait le sang
S’évadaient les chimères de rêves que j’aimais :
L’enfance et ses bobos avaient ce goût d’encens
Qu’allumait cette mère qui n’en revint jamais.


Aubépin des Ardrets
__________
* au sens artistique (cf., p. ex., l'article de Wikipédia)
No futur ?
 
#3
Une adolescence plus que tumultueuse, insouciante à brûler les interdits, à s'enivrer de la vie, à jouer avec la mort. Allégories, oxymores et même un parallélisme : bravo ! c'est un beau travail d'écriture.
Merci, Hayuna, d'avoir pris le temps de lire ce texte sur une vie antérieure dans laquelle la mort sut s'inviter.
 
Dernière édition:

Cortisone

Maître Poète
#7
J'ai aimé vous lire mais je hais le sang et la viol'enceinte. Je suis une douce sentimentale.
D'ailleurs si le pouvais changer mon pseudo je le remplacerai par SENTIMENTALE.
 
#8
J'ai aimé vous lire mais je hais le sang et la viol'enceinte. Je suis une douce sentimentale.
D'ailleurs si le pouvais changer mon pseudo je le remplacerai par SENTIMENTALE.
Merci, Cortisone, d'avoir lu ce texte ;-)
Nul n'aime le sang lorsqu'il se répand et chacun ne veut le voir qu'irriguer chacun de nos membres : la mort voit les choses autrement, mais qui aime la mort ?
"viol'enceinte" : étrange lapsus ...??
Quant à SENTIMENTALE, rien ne vous empêche de prendre ce pseudo : il n'est pas encore pris ;-)
 

Cortisone

Maître Poète
#10
Merci, Cortisone, d'avoir lu ce texte ;-)
Nul n'aime le sang lorsqu'il se répand et chacun ne veut le voir qu'irriguer chacun de nos membres : la mort voit les choses autrement, mais qui aime la mort ?
"viol'enceinte" : étrange lapsus ...??
Quant à SENTIMENTALE, rien ne vous empêche de prendre ce pseudo : il n'est pas encore pris ;-)
OK mais je ne sais pas changer