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À l’Opéra Garnier, une Soirée Berlioz

#1



À l’Opéra Garnier, une Soirée Berlioz


Morsure de votre grain
De beauté sur les fesses !
Pincement de vos seins
Assorti de caresses …

Griffures de vos ongles
Dans le bas de mon dos !
Murmures de vos ondes
En tout point de ma peau …

Vos doigts jouent de la harpe,
Je trombone à coulisse,
À mesure que s’écarte
Votre bel anneau lisse.

Attirant au fourreau
Mon vit avec souplesse,
Vous sanglez le taureau
Dans vos plis de tigresse !

Prenons garde cependant
De n’être découverts !
Vous savez que les gens
Remettraient le couvert …

Souffles rauques, altérés,
Petits cris étouffés,
Et silence étonné …
Dans la sall’ d’à côté.

Comment, comment, ma chère,
Ne pas se faire griller,
Dans ce petit vestiaire
De l’Opéra Garnier ?!

Venu pour du Berlioz
C’est vous que j’ai trouvée !
Il a fallu que j’ose ;
Vous avez approuvé.

À l’étroit maintenant,
Les oreilles aux abois,
Nous guettons le moment
De suivre nos ébats.

L’activité reprend
Dans la pièce voisine,
Et vous cambrez les reins
Pour que je vous cuisine.

Glissement de mon gland
Dans vos chairs ardentes …
Grincement de vos dents
Et cyprine abondante …

Derrière la porte close
Des pas se précipitent !
Tandis que votre rose
Me presse encore plus vite !

Tous les chanteurs des chœurs
Rejoignnt en rang la salle.
La voix bass de Brander
Rythme une passacaille.

Sur votre postérieur,
J’agite la baguette
Qui dans un bon quart d’heure
Guidera vos ariettes.

Dans la salle, l’orchestre
S’accorde sur le « la »,
Pendant que certains pestent,
De ce qu’ils n’entendent pas.

Dans le réduit, nos souffles
Se font courts et précis,
La raie de votre croupe
S’ouvre et se rétrécit.

Mon Dieu quelle cadence !
Il nous échappe un cri !
Vos seins cessent leur danse :
Nous sommes ahuris.

Des frottements de pas
S’approchent de la porte …
Un petit brouhaha
Vient nous prêter main-forte :

Un pont de la Scala ...
Qui se dit mécontent ...
Ça y est, il n’est plus là !
Cela laisse du temps !

Remontez la collerette,
Rabaissez les froufrous !
Je ferme ma braguette,
Et précipitons-nous !

L’orchestre est installé,
Et dessous la coupole,
Les ors attendent le chef,
La mezzo-soprano.

Vos joues sont incarnates,
Mes cheveux en bataille.
La salle est en cravate,
Les photographes mitraillent.

La Damnation de Faust.
Entre tempo et rythme,
La voix de Marguerite,
Pour nous deux nulle pause :

Je lève ma baguette,
Vous tendez votre voix,
Les éclats de la fête
Poursuivent nos émois :

« D’amour l’ardente flamme... »

Aubépin des Ardrets, Paris

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*baguette de chef d'orchestre en ébène décorée de plaques d'argent ciselées de motifs végétaux, 1880. Longueur : 39,5 cm.
 
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