creapoemes Homme 31 ans Belgique
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Que signifie cette expression pour vous ? |
| | Créé le 06/02/12 à 14h52 par creapoemes |
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 Sarilost Homme 14 ans France
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Ca signifie que je vais me coucher moin c.n ce soir car je ne l'a connaissais pas^^
Hum.. le ciel; dommaine des tout puissants, est ouvert, ça c'est clair^^, à ceux qui ont des ailes.. ;A ceux qui trouvent le moyen de s'envoler pour faire parti des plus puissants.
Après il faudrait débattre sur quels moyens et qu'est ce qu'être un "tout puissant" |
| | Posté le 06/02/12 à 15h00 par Sarilost |
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 lilasys Femme 51 ans France
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le ciel est ouvert à ceux qui ont des ailes ,????
à mes yeux ouvert à,,ceux qui sont légers ,sans une vie lourde de mauvaises actions ,a ceux qui n'ont pas pêcher ,,,
ils sont pur donc le ciel les attend
c'est mon idée ,
et c'est pas la peine de venir renchérir
zzé raizzzon ,point |
| | Posté le 06/02/12 à 15h23 par lilasys |
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 creapoemes Homme 31 ans Belgique
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Ciel étoilé garde sa constellation en autel
Que les prieurs de la bonne étoile convoitent
Pour retrouver sagesse sur leur ligne droite:
Le ciel est ouvert à ceux qui ont des ailes. |
| | Posté le 06/02/12 à 15h54 par creapoemes |
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 lilasys Femme 51 ans France
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et alors ceci dit pas pinochio que j'ai raizooon
tou a por démoi |
| | Posté le 06/02/12 à 16h00 par lilasys |
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 creapoemes Homme 31 ans Belgique
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non!!!!!!!!!!!!!
j'ai un joli sonnet !!!!
Pégase, le cheval ailé.
Naît du sang de la méduse comme son frère,
De son premier souffle, il erre dans les cieux,
En quête de foudres et d’éclairs silencieux,
Travaux de Zeus naviguent au cycle d’une ère.
« Alta alatis patent *», Pegasus y erre…
Monture de Persée qui chevauche, gracieux,
Sur le zéphyr près d’Olympe et près des Dieux.
Puis selle de Bellérophon, autre confrère,
Orgueil vaniteux désarçonne ce dernier
Par un coup de colère de Zeus, foudroyé.
Pégase s’en va au monde des immortels.
Ciel étoilé garde sa constellation en autel
Que les prieurs de la bonne étoile convoitent
Pour retrouver sagesse sur leur ligne droite. |
| | Posté le 06/02/12 à 16h01 par creapoemes |
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 lilasys Femme 51 ans France
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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pégase (homonymie).
Bellérophon chevauchant Pégase d'après Mary Hamilton Frye, 1914.
Pégase (en grec ancien Πήγασος / Pếgasos, en latin Pegasus) est l'une des créatures fantastiques les plus célèbres de la mythologie grecque[1]. C'est un cheval ailé divin[2] généralement représenté en blanc. Il naît avec son frère Chrysaor du sang de la gorgone Méduse, lorsqu'elle est décapitée par le héros Persée. Les poètes gréco-romains rapportent qu'il monte au ciel après sa naissance et se met au service de Zeus, le roi des dieux, qui le charge de lui apporter les éclairs et le tonnerre sur l’Olympe. Ami des Muses, Pégase est le créateur de la source Hippocrène qu'il fait jaillir d'un coup de sabot. Il est capturé par le héros grec Bellérophon près de la fontaine de Pirène, grâce à l'aide d'Athéna et de Poséidon. Pégase permet à ce héros de le monter afin de vaincre un monstre, la Chimère, avant de réaliser de nombreux autres exploits. Son cavalier est toutefois victime de son orgueil et chute de son dos en tentant d’atteindre le mont Olympe. Pégase retrouve Zeus qui finit par le transformer en constellation et le placer dans le ciel.
Son origine pourrait être un ancien dieu des orages dans la mythologie hittite, portant l'épithète de Pihassassa. Une partie du mythe serait passée des peuples louvitophones aux anciens Grecs[3], mais d'autres théories évoquent l'observation des forces naturelles, de l'eau, de la foudre ou des oiseaux, ou encore la domestication du cheval par les anciens Grecs. Le mythe de Pégase connait une large diffusion dans le monde antique ; repris par les Romains, il est partiellement christianisé et fait l'objet de nombreux commentaires, ainsi que de théories et de reconstitutions depuis le Moyen Âge. Des hypothèses ont été proposées quant à son lien avec les Muses, les dieux Athéna, Poséidon, Zeus et Apollon, ou encore le héros Persée.
La symbolique de Pégase est vaste, et varie suivant les époques et les courants de pensée. Symbole de sagesse et surtout de Renommée dès le Moyen Âge jusqu'à la Renaissance, il devient celui de la poésie et le créateur des sources dans lesquelles les poètes viennent puiser l’inspiration, particulièrement au XIXe siècle où de nombreux poèmes exaltent cette fonction. Pégase est le sujet d'une iconographie très riche, principalement à travers les poteries grecques antiques, les peintures et les sculptures de la Renaissance. Que ce soit par le biais d'une personnification de l'eau, d'un mythe solaire, d'une monture chamanique, de l'alchimie ou encore de l'imagination mise en valeur dans les travaux des psychanalystes continuateurs de Carl Jung, une profonde symbolique ésotérique en relation avec l'énergie spirituelle qui permet d'accéder au domaine des dieux, le mont Olympe, lui est attachée.
Aux XXe et XXIe siècles, il fait son apparition au cinéma, dans les littératures de l'imaginaire telles que la fantasy, dans les jeux vidéo et dans les jeux de rôle, où le nom de « pégase » est souvent devenu un nom commun qui désigne tous les chevaux ailés du bestiaire fantastique.
Sommaire
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* 1 Étymologie, dénominations et polysémie
o 1.1 Origine étymologique
o 1.2 Nom propre
o 1.3 Nom commun
* 2 Origine
o 2.1 Un dieu asiatique des orages
o 2.2 Un être totalement imaginaire
o 2.3 Un navire
o 2.4 Mythologie comparée
o 2.5 Autres théories
* 3 Sources antiques écrites
o 3.1 Naissance
o 3.2 Les Muses et les sources
o 3.3 Pégase et Bellérophon
+ 3.3.1 Capture de Pégase
+ 3.3.2 Combats
+ 3.3.3 Ascension de l'Olympe
o 3.4 Arrivée sur l'Olympe et transformation en constellation
* 4 Sources archéologiques antiques
o 4.1 Céramique, décorations et figurines
o 4.2 Numismatique
* 5 Symbolisme et rôle antiques
o 5.1 Monture de héros
o 5.2 Psychopompe
o 5.3 Domestication du cheval
o 5.4 Personnification de l'eau
o 5.5 Spiritualité
o 5.6 Mariage et lutte contre le matriarcat
o 5.7 Un mythe solaire
* 6 Diffusion du mythe
o 6.1 Christianisation
o 6.2 Influence du mythe
* 7 Interprétations et réécritures des sources antiques
o 7.1 Analyse de la naissance
o 7.2 La couleur blanche
o 7.3 Relation avec Persée
o 7.4 Relation avec les Muses et les sources
o 7.5 Analyse du mythe de Bellérophon
+ 7.5.1 Poséidon et Athéna
+ 7.5.2 La mort de la Chimère
+ 7.5.3 L'orgueil et la chute
o 7.6 Interprétations du rôle sur l'Olympe et de la transformation en constellation
o 7.7 Descendance
* 8 Symbolisme du Moyen Âge à l'époque moderne
o 8.1 La sagesse
o 8.2 La Renommée
o 8.3 La poésie
o 8.4 La connaissance ésotérique et l'alchimie
o 8.5 Psychanalyse et psychologie analytique
+ 8.5.1 L'imagination
+ 8.5.2 L'instinct et le changement psychique
+ 8.5.3 Un symbole sexuel
* 9 Pégase dans l'art
o 9.1 Dans la littérature
* 10 En héraldique
* 11 Pégase dans la culture populaire moderne
* 12 Notes et références
o 12.1 Notes
o 12.2 Références
* 13 Voir aussi
o 13.1 Articles connexes
o 13.2 Liens externes
o 13.3 Bibliographie
+ 13.3.1 Sources primaires greco-romaines
+ 13.3.2 Sources primaires médiévales
+ 13.3.3 Sources secondaires
# 13.3.3.1 Études mythologiques et religieuses
# 13.3.3.2 Études littéraires
# 13.3.3.3 Dictionnaires
# 13.3.3.4 Études étymologiques
# 13.3.3.5 Études du symbolisme
# 13.3.3.6 Études archéologiques ou historiques
# 13.3.3.7 Études en histoire de l'art
# 13.3.3.8 Autres
Étymologie, dénominations et polysémie[modifier]
Le nom mentionné dans les premiers poèmes en grec ancien est Πήγασος, qui a lui-même donné Pếgasos et Pegasus en latin dans les textes plus récents, puis le nom propre « Pégase » en français. De nombreuses épithètes lui sont attribué par les poètes gréco-latins, parmi lesquels Hyios gorgoneus, equus Gorgoneus et prœpes Médusae soit « fils de la Gorgone » ; Peirenœos polos soit « cheval de Pirène » ; equus Bellerophonteus soit « cheval de Bellérophon » ; ales soit « ailé » ; aerlus equus, soit « cheval céleste » ; et sonipes soit « au pied sonore »[4]. Selon le poète grec Hésiode, le nom Pếgasos vient du grec πηγή / pêgế, qui signifie « source » ou « fontaine » :
« Et celui-ci fut ainsi nommé parce que ce fut près des sources Océaniennes qu'il naquit »
— Hésiode, Théogonie [détail des éditions] [lire en ligne], vers 280
Le nom de Pégase signifierait en grec ancien « de la source » (pêgê) ou « la source jaillissante »[5], et se rapproche du mot « source »[6] ainsi que du concept d'eau, certains philologues attribuant à ce nom une origine carienne[7]. Toutefois, pour d'autres spécialistes, cette origine relève de la légende plutôt que de l'histoire puisque le suffixe -asos suggère une origine pré-grecque du nom[8], qui renvoie à une périphrase pour désigner un animal blanc porteur de foudre[7].
Origine étymologique[modifier]
Adalbert Kuhn a supposé en 1852 que le nom de Pégase dérive du même radical qu'un verbe et un adjectif signifiant « épais » et « fort », et pourrait être rapproché du sanscrit védique pâjas, signifiant « force » et « puissance »[9],[10], la même théorie est soutenue par Sri Aurobindo[11].
Une étude sur le langage proto-indo-européen fait savoir que le mot d'origine pour cheval, *ekwo-, a donné le hiéroglyphe Hittite asu ou asuwa. Cette forme suggère que le *-k- de *ekwo- s'est changé en -s- dans les langues anatoliennes[12]. Un autre rapprochement récent existe entre « Pégase » et le louvite pihassas, qui signifie « éclair ». Dans la même langue, Pihassasas est soit une divinité, soit une épithète pour le dieu des tempêtes Tarhu. Il semble que la racine piha- ait désigné la luminosité et la splendeur[13],[Note 1]. Cette épithète ou cet ancien dieu de l'orage pourrait être à l'origine de Pégase, dont le nom Πήγασος serait une version grecque du louvite Pihassassas[14], mais cette théorie reste à l'état de spéculation en l'absence de preuves plus solides[Note 2].
Sans qu'une étude fasse le rapprochement, Pegah (پگاه) signifie « l'aube » ou « l'aurore » en persan[15]. Il semblerait qu'en hébreu, Peka, Pega ou Pehah désignent le chef et Sùs un cheval[16], mais cette théorie n'est pas soutenue, pas plus que celle qui voudrait que le nom de Pégase dérive de l'égyptien pgw, désignant la cruche en usage pour se laver[17].
Nom propre[modifier]
Le nom de « Pégase » démontre un problème de logique. Il est lié à une croyance existentielle, or, tout nom propre authentique doit désigner « quelque chose qui existe », c'est-à-dire une entité réelle ou quelque chose qui possède une référence. L'affirmation « Pégase n'existe pas » est en elle-même un problème de logique, puisqu'il faut alors peut-être nier l'existence de quelque chose qui n'existe pas. En affirmant que « Pégase n'existe pas », il y a deux solutions : la proposition est vraie, et on ne peut pas faire référence au nom propre authentique « Pégase » puisqu'il n'existe pas. Ou bien Pégase existe et la proposition est fausse puisqu'elle affirme qu'il n'existe pas. Une théorie serait que Pégase et un certain nombre de noms propres utilisés comme tels ne soient pas des noms propres logiques authentiques[18].
Nom commun[modifier]
« Pégase » peut être un nom commun pour le cheval ailé. C'est le cas en héraldique, où le nom commun pégase désigne la figure du cheval ailé, mais aussi dans les jeux de rôle comme Donjons et dragons, et les jeux vidéo qui donnent le nom de « pégases » aux représentants de la « race » des chevaux ailés. On retrouve ce nom devenu commun dans de multiples mondes imaginaires inspirés du mythe antique[Note 3].
Origine[modifier]
Pégase est peut-être issu de l'observation de forces naturelles.
Plusieurs auteurs et chercheurs se sont penchés sur l'origine du mythe de Pégase, et divers courants de pensée s'affrontent. La théorie la plus largement reconnue par les historiens au début du XXIe siècle laisse à penser qu'il est d'origine asiatique[19]. En 1955, Édouard Will penchait pour une origine purement européenne[20].
Un dieu asiatique des orages[modifier]
Le mythe de Pégase est vraisemblablement issu des dieux lyciens et assyriens[19]. Comme le souligne l'historien du cheval Marc-André Wagner, les premières représentations de chevaux ailés datent du XIXe siècle av. J.‑C., chez les proto-hittites. Il est possible que le mythe se soit répandu chez les Assyriens ensuite, puis ait gagné l'Asie mineure et la Grèce. Les animaux porteurs d'éclair sont d'origine orientale, le cheval se substituant au taureau dans ce rôle[7]. En se basant sur les travaux des philologues et des hittitologues, cette théorie laisse à penser que Pégase est issu d'une ancienne divinité des orages connue des peuples louvitophones[21], avec influence des Perses. Ce nom louvite aurait évolué vers le lycien et le grec ancien, la plupart des éléments originels se seraient perdus et le mythe grec de Pégase serait « l'habillage d'une divinité indigène »[3] liée aux orages. Les historiens supposent l'existence d'un culte à cette ancienne divinité grâce à une hypostase en louvite[22]. Une grande partie du mythe de Pégase et de Bellérophon évoque des aventures en Lycie (Asie Mineure), illustrant les liens particuliers de cette région avec la cité de Corinthe, dont Pégase était l'un des emblèmes[23].
Un être totalement imaginaire[modifier]
D'autres théories voient dans Pégase un être totalement imaginaire, peut-être issu de l'observation des forces naturelles (orages, cours d'eau rappelant la course du cheval, etc.) ou de celle des oiseaux dont les ailes seraient devenues une métaphore de rapidité, et auraient donné naissance à la figure du cheval ailé dans plusieurs régions du monde[24].
Si l'existence biologique de Pégase est très hautement improbable, une question soulevée par ce mythe est celle de la construction de la figure du cheval ailé. Pégase est, tout comme le sphinx, le centaure ou le griffon, composé d'éléments qui existent réellement, à savoir un cheval et les ailes d'un oiseau. Le processus d'invention consisterait à combiner des éléments existants par l'imagination. Bien que Pégase n'existe pas dans le monde physique, il possède une forme de réalité dans le domaine du rêve, du surnaturel et de la mythologie : la réalité physique est constitutive de la réalité interne. Chaque personne qui imagine Pégase créé « son » Pégase, en lui attribuant une certaine couleur, une certaine manière de voler, ou d'autres particularités en fonction des éléments qu'elle connaît, qu'elle a lu ou qu'elle a vu[25].
Un navire[modifier]
D'anciennes théories associent Pégase au combat naval, ou voient en lui un simple navire. Plutarque livre dans ses Œuvres morales une version du mythe dépouillée de tout aspect fantastique : Bellérophon est un prince de Lycie, la Chimère n'est pas un monstre mais un capitaine pirate nommé Chimarros, qui cause de nombreux dommages aux Lyciens. Son bateau est orné d'un lion à la proue et d'un dragon à la poupe, tandis que sur sa voile est représentée une chèvre. Bellérophon le prend en chasse avec le navire dont il s'est emparé, le Pégase, et le tue[26]. Le théologien Jacques-Paul Migne affirme en 1855 que Méduse est l’un des cinq navires de la flotte de Phorcis, prince phénicien et roi d'Ithaque. La tête de Méduse représenterait le commandant du vaisseau tué, Chrysaor et Pégase des personnes libérées du vaisseau[27].
Mythologie comparée[modifier]
Kalkî, avatar de Vishnou, présente des points communs avec Pégase.
Article connexe : Mythologie comparée.
La figure du cheval ailé est universellement présente en Eurasie avec, entre autres, les chevaux ailés de Tarquinia chez les Étrusques, Chollima en Corée, Ponkhiraj au Bangladesh, Tarkshya en Inde, Tianma en Chine et Tulpar chez les Tatars. Le mythe de Pégase partage des traits communs avec d'autres histoires, sans que l'on puisse toujours savoir s'il y a eu inspirations ou influences communes. La mythologie comparée permet de mettre en relief ces points communs parmi les mythes et traditions des indo-européens.
L'idée d'une origine commune du mythe de Pégase et des traditions indiennes connait une grande popularité au XIXe siècle. Louis-Ferdinand-Alfred Maury et Charles-François Dupuis le rapprochent de la création des sources de l'Ashvamedha (sacrifice védique du cheval), et d'une tradition où un cheval fait jaillir de son sabot la boisson inspirée qui ouvre les yeux de l'esprit et procure la vue des cieux. La dernière incarnation de Vishnou, le cheval blanc Kalkî, est vue comme un cheval ailé qui détruira le monde d'un coup de sabot[28]. Le héros Vêdu possède un magnifique cheval blanc tueur de serpents, qui incarnerait le soleil comme Pégase[29]. La naissance de Pégase et Chrysaor se rapprocherait ainsi des croyances védiques personnifiant le principe de végétation né des eaux[10], la création des Ashvins par Vivasvat et Saranya est elle aussi évoquée en parallèle[30].
L'idée générale veut que ces chevaux indiens et grecs évoquent un dieu végétal primordial sorti de l'eau, origine de toute vie. Elle est remise en cause dans une thèse soutenue en 2007. Le thème du cheval franchissant l'eau avec son cavalier pour voyager sur de vastes distances se retrouve aussi bien dans la mythologie celtique que dans le Rig-Veda, et dans des régions aussi variées que l'Irlande, la Grèce, l'Europe du Nord, la Perse et l'Inde. Ce thème se retrouve largement dans la monture chamanique du dieu suprême ougro-finnien, un cerf blanc ailé qui permet à son cavalier et maître de parcourir le monde à toute vitesse. Ces coursiers fabuleux ont souvent une particularité morphologique telle que des ailes, un nombre anormal de membres, ou plusieurs têtes. Les proto-indo-européens sont restés en contact étroit durant la préhistoire, ce qui laisse entrevoir un mythe commun d'inspiration chamanique avant la dispersion, ou du moins, une influence commune : celle d'un cheval psychopompe passeur de frontières (symbolisée par l'eau) et passeur de mondes[31].
Autres théories[modifier]
Selon l'auteur ésotériste D.J. Conway, Pégase viendrait d'Égypte via une hypothétique source sacrée d'Osiris, près d'Abydos, 2000 ans avant notre ère, qui aurait porté le nom de Pega[32].
En 1854, Désiré Monnier parle de la cavalerie des Parthes, les Usbeks se servaient d'oiseaux de proie pour la chasse aux chevaux sauvages, et les dressaient à saisir l'animal par la tête ou le cou. Il affirme que « l'on a fini, en reproduisant ce dessin mal compris, par ne garder de l'oiseau que les ailes, et par les attacher immédiatement aux épaules du quadrupède même. Voilà Pégase, voilà la noble monture aérienne dont la poésie a tiré un si grand parti »[33]. Cette théorie est désormais obsolète.
Sources antiques écrites[modifier]
Les épisodes du mythe de Pégase sont principalement transmis par les poètes gréco-romains. La plus ancienne source écrite est celle d'Hésiode, au IXe ou VIIIe siècle av. J.‑C., qui parle de la naissance de Pégase et de la Chimère dans sa Théogonie. Ovide raconte sa naissance dans les Métamorphoses, Hygin évoque plusieurs épisodes dans ses Fables, et Pindare conte la façon dont Bellérophon capture Pégase au VIe siècle av. J.‑C. Il est très difficile de restituer un ordre chronologique à l'histoire de Pégase, de nombreux auteurs évoquent ce mythe plus ou moins brièvement, se contredisant parfois entre eux.
Naissance[modifier]
Article connexe : Méduse (mythologie).
Méduse est décapitée par Persée, Pégase et Chrysaor sortant du cou tranché. Gouache par Edward Burne-Jones.
Pégase est considéré comme le fils du dieu Poséidon et de la gorgone Méduse. Hésiode dit que « Poseidaôn (Poséidon) aux cheveux noirs s'unit à Médousa (Méduse) dans une molle prairie, sur des fleurs printanières[34] ». L'épithète « aux cheveux noirs » est traduit plus récemment par « Sombre-crinière », indiquant que Poséidon prend la forme du cheval pour s'unir à Méduse[35]. La version d'Ovide est plus complète :
Ovide, Les Métamorphoses, chant IV vers 794-801, en latin Traduction française
Clarissima forma
multorumque fuit spes inuidiosa procorum
illa, neque in tota conspectior ulla capillis
pars fuit ; inueni, qui se uidisse referret.
Hanc pelagi rector templo uitiasse Mineruae
dicitur ; auersa est et castos aegide uultus
nata Iouis texit ; neue hoc inpune fuisset,
Gorgoneum crinem turpes mutauit in hydros[36].
Très célèbre pour sa beauté,
Méduse éveilla l'espoir jaloux de nombreux prétendants
et, de toute sa personne, rien n'était plus remarquable
que sa chevelure ; j'ai connu quelqu'un qui disait l'avoir vue.
Le maître de la mer l'aurait outragée dans le temple de Minerve
la fille de Jupiter se détourna, dissimula derrière son égide
son chaste visage et, pour ne pas laisser cet acte impuni,
transforma les cheveux de la Gorgone en hydres affreuses[37].
Suite à sa métamorphose, Méduse se met à dévaster la contrée avec ses deux sœurs. Plus tard, rapporte Ovide, le héros Persée reçoit l’ordre de tuer Méduse, seule mortelle des trois gorgones. Deux êtres, Pégase et Chrysaor, étaient en elle et sont libérés par le coup d’épée de Persée qui lui tranche la tête[38]. Hésiode dit que « lorsque Perseus lui eut coupé la tête, le grand Khrysaôr naquit d'elle, et le cheval Pegasos aussi[34] », c'est-à-dire que Pégase jaillit avec son frère Chrysaor du corps décapité de Méduse. Selon les Métamorphoses toutefois, Pégase naît du sang de sa mère[38].
Ovide, Les Métamorphoses, chant IV vers 784-786, en latin Traduction française
dumque grauis somnus colubrasque ipsamque tenebat,
eripuisse caput collo pennisque fugacem
Pegason et fratrem matris de sanguine natos[39].
et tandis qu'elle et ses vipères dormaient d'un lourd sommeil,
il lui avait séparé la tête du cou ; ensuite, du sang de leur mère
étaient nés Pégase aux ailes rapides et son frère[37].
Le pseudo-Apollodore dit que Pégase et Chrysaor jaillissent du corps de Méduse lorsqu'elle est décapitée, et que Poséidon est le père des deux[40]. La naissance de Pégase est rapportée succinctement dans les mêmes termes par Lycophron[41], Strabon[42], Hygin[43], et Nonnos de Panopolis[44]. Dans ses Fastes, Ovide dit que « les hommes croient que Pégase s'élança avec sa crinière éclaboussée de sang depuis le cou tranché de Méduse alors qu'elle était enceinte. Comme il se glissait au-dessus des nuages et sous les étoiles, le ciel était sa terre et les ailes étaient ses pieds »[45].
Hésiode précise que ce cheval ailé nait près des sources (pêgai) du fleuve Océan, à l’extrémité occidentale du monde[46].
Il est possible de reconstituer les origines de Pégase grâce aux informations sur sa généalogie fournies par la Théogonie et la cosmogonie orphique, où Æther est parent de Pontos à la place d'Ouranos :
Origines de Pégase
Chaos
Gaïa
Ouranos
<= ? =>
Æther
Pontos
Cronos
Rhéa
Poséidon
Phorcys
Céto
Méduse
Pégase
Les Muses et les sources[modifier]
Articles connexes : Muses et Hippocrène.
Helicon ou la visite de Minerve aux Muses, huile sur toile par Joos de Momper (1564-1635).
Un lien étroit existe entre Pégase et la source Hippocrène (du grec hippos, « cheval », et krênê, « source », ce qui signifie la « source du cheval »), qui est aussi la source des Muses. D'après les Métamorphoses, l'Hippocrène est si célèbre que la déesse Athéna s'y rend pour l'admirer. Guidée par Uranie, la muse de l’astronomie, Athéna s’approche des eaux et s'en fait raconter l'histoire :
« Pallas […] se dirige vers Thèbes et vers l’Hélicon, séjour des chastes Muses. Elle s’arrête sur ce mont, et tient ce langage aux doctes sœurs : « La Renommée a porté jusqu’à mes oreilles la nouvelle de cette fontaine que Pégase aux ailes rapides a fait jaillir de terre sous ses pieds vigoureux ; elle est l’objet de mon voyage : j’ai voulu voir cette merveille opérée par le coursier qui naquit sous mes yeux du sang de sa mère ». Uranie lui répond : « Quel que soit le motif qui te fait visiter nos demeures, ô déesse ! ta présence remplit nos âmes de joie ; la Renommée dit vrai : c’est à Pégase que nous devons cette source ». À ces mots, elle conduit Pallas vers l’onde sacrée. La déesse admire longtemps ces eaux que le pied de Pégase a fait sortir de la terre […] »
— Ovide, Métamorphoses [détail des éditions] [lire en ligne], V, 250
La raison pour laquelle Pégase créé cette source diffère selon les auteurs. Ovide précise dans ses Fastes que le cheval venait protester contre son étrange bridage par Bellérophon, et que son sabot de lumière creusa la source[45]. Pour Antoninus Liberalis, lorsque les Muses chantaient, le ciel, les étoiles, la mer et les rivières s'arrêtaient, tandis que le mont Hélicon, séduit par le plaisir d'entendre leurs voix, enflait jusqu'à atteindre le ciel. Par la volonté de Poséidon, Pégase frappa le sommet du mont de ses sabots et celui-ci reprit une taille normale[47]
Quatre Muses par Caesar van Everdingen, XVIIe siècle.
Aratos de Soles évoque dans ses Phénomènes « celui qui a été, dit-on, à l'origine de l'eau claire de l'Hippocrène » : le cheval frappa de son pied droit et aussitôt l'eau jaillit[48]. De nombreux autres auteurs gréco-latins parlent de cet épisode, notamment Strabon qui évoque une roche sous la montagne que Pégase aurait brisée d'un coup de sabot[42]. Nonnos de Panopolis parle « de la fontaine qui naquit à l'endroit où le sabot humide du cheval gratta la surface de la terre et fit un creux pour l'eau qui prit son nom de lui »[49]. Pour Callistrate, les eaux de la source sacrée des Muses étaient de couleur violet-noir[50]. Hygin[51] et Pausanias[52] évoquent brièvement ce mythe mais Pausanias précise plus loin que le cheval ailé créa une autre source de la même manière, près de Trézène :
« Entre les différentes choses qui servirent à purifier Oreste, les Trézéniens citent l'eau de l'Hippocrène, car ils ont aussi une fontaine de ce nom, et ils en racontent l'origine de la même manière que les Béotiens, car ils disent que l'eau jaillit de la terre à l'endroit que le cheval Pégase avait frappé du pied. »
— Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne], II, 31
La faculté que possèdent les eaux de la source Hippocrène à changer en poète ceux qui en boivent est postérieure à l'Antiquité bien qu'elle soit évoquée par Properce dans ses Élégies, où il dit avoir rêvé « à l'ombre douce de l'Hélicon, où coule la fontaine du cheval de Bellérophon », qu'il possédait le pouvoir de proclamer le roi d'Alba et ses actes en les accompagnant de sa lyre[53].
Pégase et Bellérophon[modifier]
Articles connexes : Bellérophon et Chimère (mythologie).
Galerie : Pégase et Bellérophon
Bellérophon monté sur Pégase, pélikè attique à figures rouges du Peintre de Barclay, v. 440 av. J.-C., musée du Louvre
L'histoire de Pégase se mêle à celle du héros grec Bellérophon. Ce dernier est surtout connu par l'Iliade d'Homère[Note 4], où Glaucos fils d'Hippoloque répond à Diomède qui lui demande sa lignée[54]. Bellérophon est reçu par le roi Iobatès, buvant à sa table, avant que celui-ci ne voie le message que porte le jeune homme, disant de tuer le porteur. Réticent à commettre un meurtre sur la personne de son invité[55], Iobatès donne à Bellérophon l'ordre de tuer un monstre terrible, « lion par devant, serpent par derrière et chèvre entre les deux », capable de cracher le feu, la Chimère. Le jeune homme ne peut pas reparaître devant le roi de Lycie avant que ce soit fait, sous peine de mort[54]. Si on en croit de nombreux auteurs, il part en quête du cheval ailé avant d'accomplir cette tache.
Capture de Pégase[modifier]
Les Olympiques de Pindare (XIII), composées dans le cadre des jeux olympiques, rapportent la capture de Pégase par Bellérophon :
« Bellérophon brûlait du désir de dompter Pégase qui devait le jour à l'une des Gorgones, aux cheveux hérissés de serpents ; mais ses efforts furent inutiles jusqu'au moment où la chaste Pallas lui apporta un frein enrichi de rênes d'or. Réveillé en sursaut d'un sommeil profond, il la voit apparaître à ses yeux et l'entend prononcer ces paroles : Tu dors, roi, descendant d'Éole ! Prends ce philtre, seul capable de rendre les coursiers dociles ; après l'avoir offert à Neptune (Poséidon), ton père, immole un superbe taureau à ce dieu si habile à dompter les coursiers.
La déesse à la noire égide ne lui en dit pas davantage au milieu du silence de la nuit. Bellérophon se lève aussitôt et, saisissant le frein merveilleux, le porte au fils de Coeramus, le devin de ces contrées. Il lui raconte la vision qu'il a eue, comment, docile à ses oracles, il s'est endormi pendant la nuit sur l'autel de la déesse et comment cette fille du dieu, à qui la foudre sert de lance lui a donné elle-même ce frein d'or sous lequel doit plier Pégase. Le devin lui ordonne d'obéir sans retard à ce songe et d'élever un autel à Minerve Équestre (Athéna Hippia), après avoir immolé un taureau au dieu, qui de ses ondes environne la terre.
C'est ainsi que la puissance des dieux rend facile ce que les mortels jureraient être impossible et désespéreraient même d'exécuter jamais. Tressaillant d'allégresse, l'intrépide Bellérophon saisit le cheval ailé : tel qu'un breuvage calmant, le frein dont il presse sa bouche modère sa fougue impétueuse ; alors, s'élançant sur son dos, Bellérophon, revêtu de ses armes, le dresse au combat en se jouant. Bientôt, transporté avec lui dans le vide des airs sous un ciel glacé, il accable de ses traits les Amazones, habiles à tirer de l'arc, tue la Chimère qui vomissait des flammes et défait les Solymes. Je ne parlerai point de la mort de Bellérophon : je dirai seulement que Pégase fut reçu dans les étables de l'immortel roi de l'Olympe. »
— Pindare, Odes [détail des éditions] [lire en ligne], Olympiques, XIII, traduction de M. Al. Perrault-Maynand[56]
Pour Hygin dans ses Astronomiques, Proetos, sachant que Bellérophon a le cheval Pégase, l'envoie au père d'Antia (ou Sthénébée), pour lui permettre de défendre la chasteté de sa fille[51]. Strabon précise que Pégase est capturé par Bellérophon alors qu'il buvait à la fontaine de Pirène[42]. Toutefois, selon les Corinthiens et ainsi que le rapporte Pausanias dans ses Descriptions de la Grèce, Pégase est amené à Bellérophon par Athéna, qui l'avait dompté et soumis au frein elle-même[57], et si on en croit le pseudo-Hésiode dans son Catalogue des femmes, c'est Poséidon, père de Pégase et de Bellérophon, qui lui amène le coursier alors que le héros errait en quête d'une solution pour tuer la Chimère[58].
Combats[modifier]
Bellérophon combattant la Chimère. Scène peinte sur l'extrémité d'un épinétron attique, Ve siècle av. J.‑C.
L'épisode le plus célèbre du mythe de Pégase et de Bellérophon est celui de leur victoire sur la Chimère, dont parlait déjà Hésiode dans sa Théogonie[59]. Ainsi, Hygin précise-t-il que la Chimère, à cette époque, ravageait le pays des Lyciens de ses flammes[51], et le pseudo-Apollodore que le héros accomplit cet exploit en survolant le monstre et parvient à la victoire grâce à son arc et à ses flèches[60]. Pour Oppien de Syrie, les chevaux au-delà de toutes les créatures mortelles sont celles à qui la nature ingénue a donné un esprit subtil et du cœur... ainsi, le cheval Pégase a-t-il porté Bellérophon qui tua la Chimère au-dessus des nuages[61]. Apulée fait référence à ce combat dans l'Âne d'or, lorsqu'il dit que la panique plus que tout avait incité le célèbre Pégase à prendre l'air. La tradition selon laquelle il avait des ailes était justifiée car il bondit aussi haut que le ciel dans sa peur d'être mordu par la Chimère cracheuse de feu[62].
L'Iliade raconte les exploits de Bellérophon qui a vaincu la Chimère et les Amazones qui menacent le royaume de Lycie, ainsi que les Solymes[54]. Le roi Iobatès, toujours résolu à se débarrasser de lui, tente de le prendre en embuscade et Bellérophon s'en tire une fois de plus. Alors que le héros combat les pirates de Carie sur la plaine de Xanthe, Iobatès envoie sa propre garde royale contre lui. Bellérophon fait une prière à Poséidon et la plaine s'inonde, provoquant la mort des femmes des soldats qui étaient venues au secours de leurs maris. Iobatès lui cède alors son trône et lui offre la moitié de son royaume ainsi que sa fille Philonoé en mariage, avec laquelle il a trois enfants[54].
Ascension de l'Olympe[modifier]
Bellérophon, devenu orgueilleux, s'estime digne de rejoindre le séjour des Dieux, l'Olympe, avec sa monture.
Après la création de la source Hippocrène, dit Hygin dans ses Astronomiques, et alors qu'il tentait de voler jusqu'au ciel et l'avait presque atteint, Bellérophon s'effraie en regardant la terre, tombe et meurt sur le coup[51]. Pindare dit dans ses Odes que « le cheval ailé Pégase jeta son seigneur Bellérophon de haut vers la terre, lui qui pensait atteindre les demeures du ciel »[63] et Nonnos que « Pégase aux ailes rapides », ce cheval ailé inlassable à la course et passant dans l'air comme une rafale de vent, jeta Bellérophon[64] et l'envoya tête baissée vers le sol. Selon lui, le héros a survécu parce qu'il est du sang de Poséidon, que le cheval lui-même partage[65]. Hygin dit toutefois dans ses Fables que Bellérophon tombe dans les plaines d'Aelia, en Lycie, où il se démet la hanche[55], et finit donc sa vie estropié.
Horace évoque l'essence de ce mythe en disant que :
« Par un terrible exemple, Pégase, l'animal ailé qui ne pût supporter Bellérophon, son cavalier terrestre, t'enseigne à rechercher toujours des objets à ta mesure, et, tenant pour sacrilège d'espérer au-delà des limites permises, à éviter un compagnon mal assorti[66] »
C'est également lui qui a suggéré que Zeus envoie un taon piquer le cheval, qui chute en entraînant son cavalier avec lui[67].
Arrivée sur l'Olympe et transformation en constellation[modifier]
Mars et Vénus, dit Parnasse d'Andrea Mantegna, 1497. Pégase est représenté parmi les dieux de l'Olympe
Il existe relativement peu de sources écrites concernant l'arrivée de Pégase sur l'Olympe, son rôle auprès de Zeus et sa transformation en constellation. Pour Hésiode, Pégase, juste après sa naissance, « s'envolant loin de la terre féconde en troupeaux, parvint jusqu'aux Dieux. Et il habite dans les demeures de Zeus, et il porte le tonnerre et la foudre du sage Zeus »[68]. Sa version est antérieure à l'histoire de Bellérophon et à celle de Pindare, qui précise qu'après la mort de son cavalier, Pégase est reçu « dans les étables de Zeus sur le mont Olympe »[56], continuant (selon Hygin) son ascension interrompue[51]. Dans tous les cas, Pégase atteint l'Olympe et rejoint Zeus. Lorsque ce dernier veut utiliser les éclairs et le tonnerre, c'est Pégase qui les lui amène depuis la forge d'Héphaïstos, en traversant le ciel[46].
Dans Phèdre, Platon évoque un rôle de cheval d'attelage pour Pégase, disant que les chevaux ailés et les cochers des dieux sont tous des nobles, et de noble lignée [...] Zeus tient les rênes d'un char ailé, ouvre la voie dans le ciel, ordonnant à tous et prenant soin de tous[69].
Pégase est immortel car Zeus le change en constellation[51]. Aratos de Soles dit que l'immense constellation du cheval, c'est Pégase [...] « qui fait des cercles dans le ciel de Zeus et est toujours là pour te voir »[48], et Nonnos que Pégase continue à voler là-haut, fendant l'air de ses longues ailes[70]. Pour Ovide, il jouit du ciel que jadis il cherchait à atteindre au galop de ses ailes, et il brille et scintille de ses quinze étoiles[45].
Article connexe : Pégase (constellation).
Sources archéologiques antiques[modifier]
Rouelle aux Pégases et aux Chimères, probablement une boucle d'oreille. Or à décor de filigrane, de granulation et d'estampage, début du IVe siècle av. J.‑C. Origine incertaine : la forme renvoie à l'Italie méridionale, mais le décor de granulation est particulier aux bijoux étrusques.
Les plus anciens chevaux ailés représentés semblent être d'origine orientale. Ils apparaissent sur des intailles de l'époque mycénienne mais en l'absence d'autre élément, il est impossible de savoir si ces chevaux représentent Pégase ou pas. On voit des chevaux ailés dans les frises d'animaux ornant la céramique orientalisante. La première représentation attestée de Pégase date du VIIe siècle av. J.‑C. : il s'agit d'un combat au sol contre la Chimère. Dès le milieu du VIIe siècle av. J.‑C., Pégase est représenté en vol, ce qui reste la règle jusqu'à l'époque archaïque, où il est souvent seul à lutter contre la Chimère[71]. Il arrive que ses anciennes représentations le figurent sans ailes, ce qui le rend difficile à identifier[72]. Son iconographie a peut-être été influencée par celle de l'hippalectryon, créature hybride mi-coq et mi-cheval, à laquelle aucun mythe connu n'est rattaché[73].
Pégase est figuré le plus souvent seul ou accompagné de Bellérophon combattant la Chimère, auquel cas la représentation la plus classique montre le héros en selle, brandissant une lance face à la Chimère[74],[Note 5]. Une tradition de l'époque archaïque veut que le héros mette pied à terre avant de combattre et on en retrouve des représentations dans l'art grec antique mettant en scène le combat contre la Chimère[75]. On retrouve Pégase aux côtés des Muses[Note 6], lors de sa naissance avec Méduse, capturé près de la fontaine de Pirène[Note 7] ou encore abreuvé par ce dernier[76]. La Description de la Grèce de Pausanias atteste que Pégase était une figure ornementale dans l'art antique : à Corinthe, où l'on rendait un culte héroïque à Bellérophon, une statue de ce héros et du cheval Pégase décorait le temple de Poséidon[77]. « La plus remarquable des fontaines de Corinthe » était un Bellérophon placé auprès d'Artémis, monté sur Pégase, l'eau sortant d'un sabot du cheval[78].
Le mythe a été repris par les Romains qui y ont fait des ajouts avant l'essor du christianisme, notamment dans la symbolique psychopompe et son association avec l'empereur Auguste. Le cheval ailé est d’ailleurs l’emblème de plusieurs légions romaines comme Legio II Adiutrix ou Legio II Augusta[79].
Céramique, décorations et figurines[modifier]
Galerie : Pégase sur les poteries grecques antiques
Article connexe : Pégase dans l'art.
Pégase est représenté sur de nombreuses céramiques attiques à figures noires ou rouges, principalement retrouvées en Grèce et dans les régions avoisinantes. On le retrouve aussi, entre autres, sur des casques et des assiettes antiques.
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Pégase. Fragment attique à figures noires, fin du VIe siècle av. J.‑C.
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Figurine en bronze, fabriquée dans un atelier de Grèce du Nord-Ouest, VIe siècle av. J.‑C..
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Pégase. Lécythe aryballisque attique à figures rouges, 480-460 av. J.-C. Provenance : Sicile.
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Plat en bronze de l'époque parthe représentant Pégase (Pegaz en perse). Trouvée à Masjed Soleiman, Khuzestan, en Iran.
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Numismatique[modifier]
Galerie : Pégase en numismatique
Pégase, droit d'un « poulain » de Corinthe, 308-306 av. J.-C.
Pégase est présent sur des médailles, une série de pièces antiques grecques nommées les « poulains de Corinthe » présentent Pégase accompagné de la déesse Athéna. Elles font partie des pièces de monnaie antiques les plus connues et typiquement reconnaissables[80]. On le retrouve sur de nombreuses pièces romaines[81].
Article détaillé : Pégase en numismatique.
Symbolisme et rôle antiques[modifier]
Bellérophon s'apprêtant à tuer la Chimère, par Alexander Andreyevich Ivanov, 1829
De nombreuses études tentent de retrouver quels étaient le rôle et le symbolisme de Pégase à l'époque antique, où il semble avoir été vénéré. Selon le Dictionnaire des symboles, il allie la symbolique positive du cheval, soit la fougue, l'impétuosité et la force, à celle de l’oiseau, l'indépendance et l'élévation vers le ciel, la légèreté, la rapidité et l'ascension vers le sacré[82]. Le vol et la course de Pégase symbolisent sa légèreté[83], car l'une des grandes particularités de Pégase sur un cheval « normal » est de posséder des ailes, comme l'attestent ses premières descriptions connues :
« Un coursier ailé, inlassable à la course, et qui passe dans l'air comme une rafale de vent »
— Catalogue des femmes[58]
Bien que l'apparence de Pégase soit celle d'une créature composite, il n'est pas symboliquement perçu comme un être mi-oiseau et mi-cheval, contrairement à d'autres créatures comme l'hippocampe, décrit comme un hybride de cheval et de monstre marin, le centaure, moitié homme et moitié cheval, Arion, qui possède parfois deux pieds humains et la parole, ou encore l'hippogriffe, mélange de cheval et de griffon. De même, il n'est jamais dit que Pégase se métamorphoserait périodiquement en oiseau : il est toujours perçu comme un cheval et rien qu'un cheval[84]. Il s'opposerait à (ou complèterait) Arion, un autre cheval grec mythique, mais vu comme totalement terrestre, et fils de Cérès, la déesse des moissons[85]. Dans la filiation établie par Hésiode, Pégase est ambigu puisqu'il nait d'un monstre et d'un dieu. Sa forme chevaline terrestre, chtonienne, le rend responsable des tremblements de terre ou du jaillissement des sources[86]. Naître du sang de la tête de Méduse, centre de l'intelligence, le relie à la connaissance et à l'intelligence hérétique[87]. Sachant que la tête de Méduse est couverte de serpents, cela fait de lui, « le premier étalon », un « fils de serpents » associé à la symbolique de cet animal et tout ce qu'elle suppose[88] de mortel et de négatif[31].
Si les anciens textes attestent bien que Pégase est le porteur de la foudre de Zeus, c'est-à-dire un « coursier du tonnerre »[89], il s'est vu attribuer bien d'autres fonctions.
Monture de héros[modifier]
La première interprétation du mythe de Pégase semble être celle, très classique, du combat des dieux et des héros solaires contre les monstres infernaux et souterrains[90]. Monture « des héros de la lumière et des rapides écuyers »[85], mais aussi animal divin, il permet aux mortels de s'élever au niveau des dieux mais ceux-ci deviennent dépendants de lui, de la mobilité et de la force qu'il leur apporte[2]. Bellérophon ne peut atteindre l'Olympe tandis que Pégase y parvient[32], de plus, Hésiode semble attribuer un plus grand rôle au cheval ailé qu'à son cavalier, puisqu'il dit que c'est Pégase qui arrache la vie de la Chimère, Bellérophon étant réduit à un simple complément d'objet. La raison pourrait-être imputable à l'origine asiatique du mythe, Ludolf Malten a évoqué le dieu cavalier du cheval-éclair terrassant un monstre hybride comme un concept religieux typique de l'Asie mineure dès les troisièmes et deuxièmes millénaires. Adopté par les Grecs, le dieu asiatique pourrait être devenu un héros pour ne pas concurrencer Zeus dans son rôle, Bellérophon aurait été condamné à disparaitre dans le mythe grec, tandis que Pégase survit et se met au service de Zeus[90].
Psychopompe[modifier]
Les archéologues ont retrouvé de nombreuses représentations de Pégase sans cavalier, sur des monuments et objets funéraires dans l'Antiquité, laissant à penser qu'il s'agit d'un animal psychopompe dont la charge est de ramener les âmes descendues sur terre vers le soleil[91],[92]. Il aurait un rôle éminemment positif, héroïsant et immortalisant la personne près de laquelle il est représenté[76]. Des légendes, en plus de celle de l'empereur Auguste, parlent de personnages illustres enlevés par Pégase après leur mort[93]. La symbolique du cheval est, de manière générale, celle d'un psychopompe[94], la présence de Pégase symbolise probablement la promesse d'une immortalité bienheureuse[93].
La figure psychopompe du cheval dans la mythologie grecque est le sujet d'une thèse selon laquelle elle découle de son lien avec l'eau, qui symbolise la frontière entre le monde des vivants et l'au-delà. Le cheval, notamment Pégase, est chargé de porter l'âme du défunt par delà cette frontière, tout comme il permet au chaman de réaliser son voyage extatique[31].
Domestication du cheval[modifier]
En 1988, le doctorant en littérature grecque Jacques Desautels note que les chevaux violents et nerveux sont qualifiés par les anciens Grecs de gorgos, c'est-à-dire « terrifiants, inquiétants, dont les yeux reflètent un éclat diabolique ». La violence et la puissance dont ces animaux peuvent faire preuve inquiétait. On retrouverait les traces de cette symbolique dans les origines de Pégase, la gorgone Méduse et le dieu Poséidon, tous deux des figures puissantes et inquiétantes[95],[86]. Jacques Desautels s'appuie sur la composition des Odes de Pindare en faveur d'un athlète des jeux olympiques dont il aurait voulu louer l'habileté pour affirmer que le mythe du dressage de Pégase par Bellérophon représente la domestication du cheval, cet animal inquiétant et sauvage, par les anciens Grecs. Grâce au mors fourni par Athéna, vu comme étant un objet en or doté de vertus magiques[Note 8], Pégase devient le premier cheval dompté[86].
Il est possible que l'épithète gorgo attribuée au cheval signifie que Méduse puisse avoir elle-même l'apparence de cet animal[31].
Personnification de l'eau[modifier]
La fontaine Pirène inférieure à Corinthe, lieu où Pégase est capturé selon le mythe.
Le lien entre Pégase et l'eau est connu de longue date puisque dès la fin du XIIe siècle, un mythographe du Vatican assure que le nom de Pégase s'applique à tous les cours d'eau car ceux-ci évoquent la rapidité de la course du cheval[96]. En 1857, Louis-Ferdinand-Alfred Maury rapproche Pégase d'« une personnification de l’eau des sources qui s'élance et qui sourd », à l’image de tous les chevaux de la Grèce antique qu'il personnifie à lui seul. Les anciens Grecs symbolisent les eaux et les fontaines sous l'emblème du cheval, c'est pourquoi cet animal est consacré à Poséidon qui l'aurait créé avec son trident. La foudre, c'est-à-dire « l'arme d'or de Zeus », naît, tout comme Pégase, des eaux qui s'écoulent, figurées par le sang de Méduse, et s'élance au ciel[10].
Au XXe siècle, le dictionnaire des symboles met en avant ce lien entre Pégase et l'eau : la foudre et le tonnerre qu'il porte pour Zeus créent les orages, donc la pluie. Il est le fils du dieu de la mer Poséidon, son nom est tiré du mot « source », il est né aux « sources de l'Océan », il peut créer des sources d'un coup de sabot et il est capturé par Bellérophon alors qu'il boit à la fontaine Pirène (cet épisode présente un rapport entre la fécondité et l'élévation[97]). L'ouvrage en conclut qu'il est une « source ailée » et un « nuage porteur d'eau féconde »[82].
Carl Gustav Jung voit dans le sabot du cheval Pégase « le dispensateur du fluide fécondant »[98], que Jean-Paul Clébert interprète comme le sexe masculin, tandis que le sabot en forme de fer à cheval représente selon lui le vagin féminin[99]. Le pied de Pégase, créateur de sources, aurait pu être un symbole de l'acte reproductif, source de toute vie[19].
Dans Le bestiaire divin, Jacques Duchaussoy voit dans les sources créées par Pégase et le cheval Bayard d'un coup de pied des « sources de connaissance spirituelle » qui finissent par devenir l'eau pure destinée à désaltérer le pèlerin ou le voyageur le long du chemin[100].
Spiritualité[modifier]
Bellérophon terrassant la Chimère monté sur Pégase. Médaillon central restauré d'une mosaïque romaine de plus de 100 m2 découverte en 1830 à Autun.
Article connexe : Cheval ailé.
Selon Paul Diel, qui s'attache au côté spirituel du mythe, le don de Pégase à Bellérophon par Athéna, symbole de la combativité sublime, signifie que l'homme ne peut vaincre l'exaltation imaginative (symbolisée par la Chimère) qu'à condition de maîtriser l'énergie spirituelle représentée par le cheval ailé. Il s'oppose à la Chimère, monstre composé du corps d'un lion, d'un bouc et d'un serpent, où le lion représenterait la perversion des désirs matériels, le bouc la domination perverse sexuelle et le serpent le mensonge. Pégase symboliserait l'élévation des désirs essentiels de spiritualité opposée à la banalisation et la perversion représentées par la Chimère[101].
Ses ailes, peut-être héritées de sa mère Méduse qui possède des ailes d'or, en font une créature surnaturelle qui échappe aux limites du monde connu[31] et le relient à l'extase du chaman qui monte au ciel sur une créature ailée, généralement un oiseau. Dans toutes les pratiques chamaniques, l'homme qui entreprend un voyage spirituel est assisté d'un « animal qui n'a pas oublié comment on acquérait des ailes », faute de quoi il ne peut s'élever. Ces ailes sont à rapprocher du mythe d'Icare, des sandales de Persée et de celles d'Hermès dans sa fonction de messager des dieux[102]. Selon l'auteur ésotériste D. J. Conway, Pégase représente le désir humain de s'élever au-delà du monde matériel, la quête spirituelle, mais aussi l'attrait pour le voyage astral. La chute de Bellérophon semble indiquer que cette connaissance intime procurée par Pégase peut rendre une personne orgueilleuse et la pousser à se sentir supérieure aux autres[32].
Mariage et lutte contre le matriarcat[modifier]
Bellérophon domptant Pégase par Walter Crane. Illustration de la fin du XIXe siècle.
Jacques Desautels assimile Pégase, premier cheval dressé, à une jeune femme qui n'a pas encore subi « le joug du mariage », l'époux étant celui qui applique le mors ou les rênes et réussi à subjuguer le vigoureux animal indompté. Il note également que cette réussite du dressage de Pégase devait symboliquement promettre à Bellérophon un mariage heureux[95]. Bellérophon porte le surnom d'Hipponoos, qui signifie « dompteur de chevaux », il est considéré comme le premier homme qui enseigna l'art de conduire un cheval avec la bride[103].
Selon la logique de Robert Graves, la Chimère est un monstre composé de trois principes féminins[104] et le combat de Bellérophon monté sur Pégase serait celui d'un homme contre la société matriarcale. Il met en avant le fait que les Grecs formaient une société patriarcale et s'opposaient aux sociétés dirigées par des femmes, comme en témoigne le mythe des Amazones, probablement inspiré par les peuples scythes et sarmates d'Asie mineure, où les femmes avaient l'habitude de prendre les armes[104]. La Chimère serait l'un des aspects négatifs de la terre-mère. Éric Neumann voit dans le Pégase « un symbole de la libido masculine qui se libère de l'étreinte de la Grande Mère », et qui se révèle nécessaire à cette victoire « héroïque » des valeurs patriarcales sur le matriarcat qui exerçait alors son pouvoir. Il est possible que le cheval ailé prête son assistance à Bellérophon parce qu'il est lui-même le fils de Méduse, un monstre chtonien représentant l'un des mauvais aspects de la terre-mère. De plus, il est « libéré » de Méduse par un autre héros masculin en la personne de Persée. Contrairement à Persée qui prend de grands risques pour décapiter Méduse, Bellérophon tue la Chimère avec une relative facilité, prenant de la distance grâce à l'avantage tactique que lui procurent son cheval, son arc et ses flèches. La seconde version de la mort de la Chimère rapportée par Robert Graves veut que Bellérophon utilise une lance lestée de plomb que le monstre fait fondre de ses propres flammes, se tuant sur le coup. Cela rend la victoire de Bellérophon bien moins héroïque qu'on ne le supposerait[105].
Un mythe solaire[modifier]
L'idée de mythe solaire semble attestée par deux vases où Bellérophon, monté sur Pégase, a la tête radiée. Il existe une étude scholastique qui relie Bellérophon et Pégase à Hélios, et une association entre Pégase et Sol à Délos. De manière générale, les combats héroïques de la mythologie grecque symbolisent l'idée de ciel contre l'enfer et de soleil contre les ténèbres[93]. Cette idée est reprise dans une étude consacrée au chamanisme, qui voit dans le cheval la monture appropriée pour s'élever dans le ciel et tirer le char du soleil d'est en ouest, direction que rejoignent les âmes des morts[102]. Elle est connue depuis le début du XIXe siècle :
« Pégase est un mythe astronomique né de l'Orient [...] Pégase est l'emblème de la Course infatigable et rapide du soleil, qu'on sait cependant n'être qu'apparente autour de la terre. Cette source inspiratrice, enivrante, qu'il fait jaillir, sont ces sources de feu et de vie qui s'élancent sur le globe, en moins de huit minutes, de l'astre enflammé. Ce sang pourpré de Méduse dont il naquit est la couleur rouge du jour naissant, que les poètes appellent les doigts de rose de l'Aurore. Son voyage des monts de l'Éthiopie aux limites de la Mauritanie, vers les extrémités de l'océan, où le flambeau du monde semble s'éteindre dans les ondes, est le symbole de la moitié de la course du soleil d'orient en occident. Bellérophon, bien que monté sur Pégase, le cheval de flamme, n'est la personnification que des feux terrestres, de ceux des volcans [...] Ces sources de l'océan près desquelles est né Pégase, la source par excellence, n'est-ce point cette multitude de fleuves dont l'océan est le père ? Ces mêmes ondes ne sont-elles point comme le cheval merveilleux, terrestres et célestes, terrestres quand elles sourdent de la terre, célestes quand, pompées par le soleil, elles retombent en pluie ou en rosée ? [...] »
— Dictionnaire de la conversation et de la lecture, 1837[106]
Selon une thèse universitaire de 1990, la victoire de Persée sur la gorgone Méduse serait un mythe solaire cosmologique où un génie solaire met fin au règne de l’hiver. Les gorgones sont liées au monde noir d'Ouranos et résident à l’extrême occident où le soleil disparaît chaque jour. Le pouvoir pétrifiant du regard de Méduse est celui du gel. En décapitant Méduse, Persée anéantit une force hivernale et permet la libération des forces solaires, les jumeaux divins Pégase et Chrysaor. Tous deux incarnent la vie solaire jaillissant de la mort hivernale[107], et Pégase est sur de nombreux points une incarnation du soleil[29].
Diffusion du mythe[modifier]
Bellérophon combattant la Chimère. Face A d'une coupe de Siana à double panse à figures noires fabriquée à Athènes, v. 575-550 av. J.-C. Trouvée à Camiros (Rhodes).
Les mythologies et l'art antique comptent beaucoup de chevaux ailés, mais Pégase est le plus connu[7]. On ignore de quelle façon il s'est transmis à toute la Grèce et la Lycie. Dès l'époque classique, cet animal déifié fait partie intégrante de l'iconographie funéraire lycienne et des institutions civiques[21],[19]. La cité de Corinthe, où il apparaît sur des pièces dès le VIe siècle av. J.‑C.[108] et dont il devient l'emblème monétaire[109], pourrait avoir joué un rôle majeur puisqu'un culte y était rendu à Bellérophon et Athéna en relation avec la pratique de l'équitation, qui serait originaire de cette cité. Le chercheur J.J. Dunbabin suppose qu'on y trouvait jadis, en plus des statues déjà évoquées par Pausanias dans sa Description de la Grèce, une grande peinture de Bellérophon combattant la Chimère sur Pégase qui aurait inspiré de nombreux autres artistes et serait à l'origine (du moins en partie) d'une abondante iconographie dans les arts mineurs[108]. D.J. Conway évoque la fontaine de Pirène, située dans la même ville selon Pindare, qui aurait été sacrée et à laquelle auraient présidé des prêtresses portant le nom de « Pegae », et un masque de cheval[32].
La parodie de la chute de Bellérophon réalisée par Aristophane dans La Paix, où le rôle de Pégase est joué par un scarabée, laisse à penser que ce mythe était très connu au Ve siècle av. J.‑C.[Note 9],[67]. À l'époque hellénistique, il apparaît sur les pièces d'Alabanda et d'autres cités de Carie, en référence à son origine lycienne[109].
Son mythe est repris par les Romains, comme pour bien d'autres créatures de la mythologie grecque[81]. On en retrouve des mentions et des représentations dans de nombreux lieux du monde antique et sur plusieurs siècles, au moins depuis le VIIe siècle av. J.‑C. et jusqu'au IVe siècle. À l'époque grecque, il y en a en Lycie (actuelle Turquie), à Athènes, en Sicile[74], ou encore en Iran. Pour l'époque romaine, on le retrouve sur un sarcophage conservé dans l'actuelle Algérie, en France, et jusqu'en Angleterre[110],[Note 10].
Christianisation[modifier]
D'après l'historien des religions Marcel Simon, le mythe de Pégase est progressivement christianisé, surtout au IVe siècle, lors de la réhabilitation partielle de la mythologie, comme l'attestent douze mosaïques représentant le combat de Bellérophon monté sur Pégase contre la Chimère, retrouvées lors de fouilles archéologiques dans des villas en Europe, dont deux en Angleterre[Note 11]. Elles associent des symboles chrétiens à Bellérophon et Pégase et tendent à montrer que le propriétaire des lieux s'est converti au christianisme mais n'a pu se résoudre à faire disparaître ses représentations païennes ; il s'est contenté de leur donner une place moins importante. La symbolique psychopompe de Pégase et son côté solaire, réputé dans une large partie du monde antique, a sans doute largement contribué à son succès et sa diffusion avant celle du christianisme. L'évhémérisme chrétien ravale le héros au rang de mortel avec des arguments parfois violents, comme ceux de Justin : « les démons racontent que Bellérophon, homme et fils des hommes, monta au ciel sur le cheval Pégase ». Toutefois, le mythe n'est pas véritablement combattu, il se trouve changé, devenant plus allégorique, les attributs de Bellérophon se fondent peu à peu dans ceux de Jésus, et plus tard dans ceux des saints préchrétiens remarquables par leurs vertus et leurs actions[110].
Influence du mythe[modifier]
La forte diffusion du mythe de Pégase durant l'Antiquité laisse supposer qu'il a influencé d'autres mythes, légendes et religions à son tour. Marcel Simon note que plusieurs historiens ont remarqué que l'iconographie de Bellérophon et Pégase contre la Chimère a pu fixer celle des saints sauroctones, comme Georges de Lydda. Il serait toutefois faux de dire que ces saints ont « la figure de Bellérophon sous un autre nom » en raison de la large période de temps qui s'écoule entre la christianisation de Bellérophon et l'hagiographie des saints sauroctones[110].
Le Bouraq (éclair), jument psychopompe ailée à tête de femme qui permet au prophète Mahomet de monter au ciel selon la tradition islamique, présente de nombreux points communs avec Pégase dont elle est peut-être une réminiscence[111].
Pégase par Odilon Redon, en 1900. Le cheval ailé est représenté au sommet d'une montagne.
Dans le légendaire jurassien du XIXe siècle sont mentionnés plusieurs chevaux ailés de couleur blanche, dont la tradition est transmise par le folklore local. Ils sont peut-être en partie issus du mythe de Pégase selon Désiré Monnier. Le château de l'Aigle est assimilé au mont Olympe et la cime d'une montagne proche de Foncine-le-Haut, au mont Parnasse grec[112],[113]. L'origine de l'image du « cheval ailé au sommet d'une montagne » est clairement liée au mythe de Pégase et un personnage du légendaire jurassien, le sylphe cavalier de Bonlieu, rappelle Bellérophon[114].
On dit de l'Hippogriffe d'Arioste, créature mi-cheval mi-aigle rapide comme la foudre, que son créateur aurait écrit le Roland furieux en s'inspirant de divers mythes grecs dont celui de Pégase[115], toutefois, la symbolique de Pégase, monture des poètes, n'est pas la même que celle de l'hippogriffe, qui est une monture de guerriers. L'hippogriffe imaginé par l'Arioste comme monture des chevaliers est célébré au XIXe siècle comme le « Pégase du Moyen Âge »[116].
Interprétations et réécritures des sources antiques[modifier]
Les textes des auteurs gréco-latins ont fait l'objet de commentaires et de réécritures dès le Moyen Âge. L'une des plus célèbres reconstit |
| | Posté le 06/02/12 à 16h03 par lilasys |
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 lilasys Femme 51 ans France
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j'avais pas vu la longueur du texte
pardon |
| | Posté le 06/02/12 à 16h04 par lilasys |
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 Sarilost Homme 14 ans France
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Ils étaient inspirés |
| | Posté le 06/02/12 à 16h05 par Sarilost |
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 creapoemes Homme 31 ans Belgique
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à coeur vaillant rien d'impossible? |
| | Posté le 06/02/12 à 16h07 par creapoemes |
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 Sarilost Homme 14 ans France
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Tu as bien vérifié tes alexandrins?^^ |
| | Posté le 06/02/12 à 16h09 par Sarilost |
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